Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

,.,. !t' _j,,7 ._< ~~· foi, je n'aurais güé!'t'mis au dessus des autres anim.aux Je la création la créature húmaine qui aurait pu vivre sans un de ces grands amours purs, dévoués, éternels. J'aimais mon pays, je désirais pouvoir faire du bien a mes semblables, j'admirais les merveilles de la nature, rnais ríen de tout cela ne rernplissait mon ame. La seule affection qui aurait pu alors me rendre heureuse eut été un amonr passionné et exclusif pour un <le ces hommes auxquels de grands dévouements attirent de grandes infortunes, qui soutfrent d'un de ces malheurs qui grandissent et ennoblissent la victime qu'ils frappent. J'avais aimé deux fois : la premiere, j'étais c!lcore enfant. Le jeune homme pour qui j'é– pronvais ce sentiment le méritait sons tous les rapports; mais, privé de l'énergie de l'ame, il mourut plutót que de désobéir a son pere qui, dans la e.ruanté de son orgueil, m'avait repous– sée. La seconde fois, le jeune homme qui avait été l' objet de mon entiere affection, bien qu'ir– réprochable dans tout ce qui a trait a la délica– tesse et a l'honneur de ses procédés avec moi, était un de ces etres froids, calculateurs, aux YC'UX desquels une grande passion a l'apparence de la folie : il eut peur de mon amour, il crai-

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