Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

gnit que Je ne l'aimasse trop. Cette seconde déception m'avait déchiré le creur, j' en avais horriblement souffert ; mais , loin de se laisser abattre, mon ame, s'agrandissant par la dou– leur, n'en était devenue que plus aimante et plus ferme dans sa foi. A toute ame ardente, il faut un,Dieu qu'elle puisse encenser, un tem– ple ou elle puisse verser de douces larmes et pressentir, dans le recueillement, !'avenir que sa foi lui promet. Mes souffrances m'avaient révélé toute la puissance d'aimer dont Dieu rn'a douée; et, apres ces deux déceptions, il n'entrait pas dans ma pensée que la grandeur de mon amour put etre comprise par un homme qui n'ef1.t pas été lui-meme susceptible de ces actes de dévoue– rnent que la race moutonniere traite de folies, parce qu'elle n'y voit aucun intéret personnel, mais que transmet aux races futures le souve– nir des hommes de creur, comme les plus hono– rables titres de l'humanité et comme ceux qui constatent le plus beau de ses progres. Dans tous les temps, dans tous les pays, il s'est constamment rencontré des hommes qui se sont imposé les plus pénibles travaux, a qui rien n'a couté, qui n'ont reculé devant aucun

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx