Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

l'ennui, que son parler anglais et ses musiciens me donnaient. Nous resta.mes tres tarda causer sur le pont : les nuits des tropiques sont si belles! Le lendemain matin M. David et M. Miot.a quitterent le bord avec le projet de faire une petite incursion dans l'intérieur de l'ile. Ils allaient chez un Fran<_:ais qui cultivait un champ a dix-huit lieues de la ville, autant dans le des– sein de lui acheter des provisions que pou: voir le pays. Deux jours se passerent pendant lesquels il me parut que M. Chabrié éprouvait de l'embarras avec moi: son air conlraint, qui n'étair pas dans ses habitudes, me genait; il augmentait encore les inquiétudes et la tristesse des pensées que la con– versation du rocher avait fait naitre en moi. A cette époque, j'étais encore sous l'influence de tontes les illusions d'une jeune fille qui a peu connu le monde, quoiquej'eusse déja éprou vé les plus cruelles peines; mais, élevée au mili@u des champs, dans le plus complet isolement de la société, ayant vécu depuis dans la retraite, j'avais traversé dix ans de malheurs et de décep– tions sans devenir plus clairvoyante. Je croyais toujours a la bienveillance, a la bonne foi ; je supposais que la méchanceté et l~ perfidie ne se

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