Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

!,.!¡. Cette réponsc me fit tressaillir; c'est qu'alors je ne pouvais entendre prononcer le mot amour sans que les larmes me vinssent aux yeux. M. Chabrié cacha sa tete dans ses mains. Pour la premiere fois, je le regardai; je ne connaissais pas encore ses traits : il pleurait; je l'examinais attentivement et me laissais aller avec délices aux pensées les plus mélancoliques. On nous appela : le canot nous aUendait; nous nous y rendimes lentement. Je m'appuyais sur le bras de M. Cb.abrié; nous étions absorbés dans nos pensées, el ni l'un ni l'antre ne songeaient a rompre le silence. Nous trouvames a bord M. David avec son consul et <leux musiciens qu'il avait amenés pour me faire connaitre la musique du pays . Nous. nous rassemblames tous sur le pont : je m'étendis sur un double tapis; ces messieurs prirent place autour de moi, et chacun, selon l'ordrc d'idées qu'il avait dans la tete, pretaplus oumoins d'attention a la monotone musique des deux Africains. Le concert se serait prolongé fort avant <la.ns . la nuit, si l'un des musiciens n'eut été pris dt1 mal de mer, quoique le batiment ne fit aucun 1nouvement.C ette circonstance obligea le consul • de retoumer a la ville; je fus aiusi délivrée de

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