Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
d'acceptcr. La terre, dont la vue fait battre le creur d'allégresse lorsqu'on la découvre en mer, a bientót perdu tout son charme quand on se lrouve sans ami au milieu d'un peuple encore tres éloigné de la civilisation a laquelle on est habitué. A l'offre que me fit madarne Watrin, M. Chabrié devint rouge; ses yeux se fixerent sur moi avec ·une expression de douloureuse anxiélé. Je refusai, et neus primes congé de celle airnable fernrne en lui promettant <le re– venir le surlendemain. Nous fimes le tour de la ville : il était alors six heures du soir. Le soleil baissair , et une légere Qrise aidait a supporter le déclin de la chaleur du jour. Toute la popnlation était dans les rues, respi.,. rant le frais devant les portes des rnaisons; nous fumes alors assaillis par l'odeur de negre:, on ne saurait la comparer a ríen, elle soulevc le creur, elle vous poursuit partout. Entre-:-t-on dans une maison, on esta l'instant saisi par cette émanation fétide. Si l'on s'approche de quelques enfants ponr voir leurs jeux, vi te on s'éloigne, tant l'odeur qui s' en exhaleest repoussante. Moi, dont les sens sont tres susceptibles, a qui la moindre senteur porte a la tete Oll a l' C'Stomac ' í
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx