Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

" 20 parlait a tout son équipage et a ses passagers plutót comme ami que comn)e maítre ap!'i:s Dieu. Dans la tempete, c'étaitle prerniermate– lot du navire, et habituellement un homme <lont la bonté s'íntéressait au bien-etre de toutes les personnes de son bor<l : il nous invita amí– calement a nous lever, afin de changer de linge; <le monter prendre l'air, et surtout de manger un peu de soupe chaude. Quant a moi, j'y con– sentís, a la conditíon qu'on me dispenserait de ríen manger. Ces messíeurs eurent la complai– sance de m'arranger un lit sur la dunette. 11 me fallnt tout mon courage pour pouvoir me lever et m'habiller, et, sans l' aide de ce~ messíeurs, il m'eut été impossible de monter sur le pont. Les quinze premiers jours de mon séjour a bord furent pour moi un long engourdíssement, <lurant lequel je n'eus, que par de tres courts in– tcrvalles, la conscience de mon etre. Depuis le lever du soleil jusqu'a six heures du soir, j'étais si souffrante, qu'il m'était impossible de ras– scmbler deux idées. J 'étais indifférentc a tout; je souhaitaís seulement qu'une prompte mort vint mettre un terme a mes maux; mais une ,·01x intérieure me disait que je ne mourra1s pas.

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