Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
.... , 19 plains bien; car, moi aussi, autrefois j'ai heau– coup souffert du mal de mer; mais, tranquilli– sez-vous, nous voila enfin sortis de la gueule du gouffre, nous venons d'entrer en pleine mer; ne le sentez-vous pas aux doux balancements qui succedent au.x horribles convulsions que nous éprouvions tout a l'heure? Le tetnps est magni– fique; si vous aviez la force de vous lever et de monter sur le pont, cela vous ranimerait; il r.egne la haut un petit air pur et frais qui fait plaisir. Je le remerciai du regard, étant trop affaiblie pour pouvoir seulement essayer de parler. -Pauvre demoiselle ! reprit-il avec l'expres– sion d'une bonté compatissante, ce temps va vous permettre de dormir. Et moi aussi, je vais dormir, j 'en ai bien besoin. En effet, rnms dormimes tous vingt-quatre heures de süite. Je fus réveillée par M. David, qui ouvrait toutes les caba.nes avec grand bruit, parce qu'il voulait savoir, disait-il, si tous les passagers étaient décidément morts. Nous n'é– tions pas morts; mais, grand Dieu ! en quel état étions-nous ! M. Chabrié, trop supérieur, comme homme, pour chercher a se faire un titre du commandement du navire confié a ses soms,
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