Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

,18 nos hommes, malades ou Tendus de fatigue, étaient hors d'état de faire leur service. Pendant c~es trois longs jours d'agonie, notre brave capi– taine ne quitta pas le pont de son navire : il m'a '<lit depuis que, plusieurs fois, il avait vu notre frele brick sur le point de se briser contre les roches, ou ~'etreenglouti par les vagues. Grace a Dieu, nous nous en tira.mes heureusement; • mais de pareils dangers ne devraient-ils pas faire réfléchir les marins qui, tous les jours, commettent de semblables imprud.ences? Le 13, entre deux et trois heures de l'apres– midi, notre capitaine, harassé de fatigue et 1nouillé comrne s'il fut tombé a la mer, descen– <lit dans la chámbre, oú il n'était entré depuis lrois jours. Voyant toutes les cabanes fermées, n'entendant pas le moindre souffie huma in, il cria de sa grosse voix enrouée : - Hola! hé ! passagers ! to~1t le monde est-il mort ici? Personne ne repondit a sa bienveillante ques– tion. Alors M. Chabrié entr'ouvrit la porte de ma cabane, et me dit avec un accent de sollicitude que je n'oublierai jamais : -Mademoiselle Flora, vous avez été bien ma– lade, m'a dit David : pauvre demoiselle ! je vous

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