Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
17 leurs soms. Le lendemain, 1O avril, la mer continuant a etre aussi mauvaise, ces messicurs, qui étaient tres prudents, jugerent avec raison devoir garder le pilote, jusqu'a ce que le temps fut assez sur pour qu'on pút le renvoyer sans danger; mais pres de nous étaient mouillés deux autres batiments partis- de Bordeaux le meme · jour pour la meme destination, le Charles_ A dolphe et le Flétes. Ce dernier, par bravade sans doute, renvoya son pilote et prit le large ; l'autre ne voulut pas rester en arriere, et en fit autant. Ces messieurs du Mexicain commen– cerent par blamer l'imprudence des deux autres naYires; mais, bien qu'ils fussent peu suscepti– bles de se laisser influencer par l'exemple d'au– trui, la erain te de passer pour peureuL-r: leur fit abandonner leur premiere détermination. Vers quatre heures de l'apres- midi, ils renvoyerent le pilote, et nous nous trouvames au milieu des vagues courroucées ; comme de hautes monta– gnes, elles s'élevaient autour de notre navire; nous n'étions qu'un point sur l'abime, et la réu• nion de deux vagues nous y eut ensevelis. Nous fumes trois jours avant de pouvoir sor– tir du golfo, continuellement battus par la tem– pete, et dans la position la plus critique. Tous l. 2
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