Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
16 frayants rugissements. Ce spectacle, auquel j'assistais sans le voir, m•était nouveau; j'aurais trouvé du charme a le contempler s'il m'était resté vestige de force; le mal de mer ahsorbait alors toutesmes facultés : je n'avais le sentiment de mon existence que par les frissons dont mon corps était parcouru et que je croyais les avant– coureurs de ma mort. Nous ef1mes une nuit hor– rible. Le capitaine fut assez heureux pour pouvoir rentrer en riviere. Une vague nous avait emporté nos moutons, une autre nos paniers de légumes, et notre pauvre petit navire, la veille si coquet, si bien rangé, était déja tout mutilé. Le capitaine, quoique écrasé de fatigue, descendit aterre, afin d'acheter d'autres moutons, et remplacer les lé– gumes que lamer nous avait enleYés. Pendant son absence, le charpentier répara les dégats causés par la tempete, et les matelots rétablirent l'ordre, si nécessaire a hord des hatiments. Cette premiére tentative ne nous rcndit pas plus sages, et nous nous exposames derechef a des périls certains, et dont' nous faillimes etre les victimes, par un faux point d'honneur qui porte trop souvent les marins a braver d'inutiles dangers, et leur fait compromettrc l'existence des hommes et la sureté des navires commis a
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