Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
IJ description nouvelle. Je dirai seulement que le mal de mer est une souffrance qui ne ressemble en ricn a nos maladies habituelles : c'est une agonic permanente, une suspension de vie; il a l'affreux pouvoir d'óter, aux malheureux qui y sont en proie, l'usage de leurs facultés intel– lectuelles, et aussi l'usage de leurs sens. Les personnes d'une organisation nerveuse éprou– vent les cruels effets de ce mal avec plus d'inten– sité que les autres. Quant a moi, je le ressentis avec une telle constance, qu'il ne se passa pas un seul jour, durant les cent trente-trois du voyagc, sans que je n'eusse des vomissements. Notre batiment était mouillé au has de la ri– viérc : le temps ne semblait pas devoir favoriser notre sortie du périlleux golfe de Gascogne ; néanmoins le capitaine, vers trois heures, fit lever l'ancre. La pesante machine, légére comme une plume au milieu des flots, se mit en marche a travers l'immensité qu'embrasse le ciel, et do– cile au génie de l'homme, allait dans la direction qu'il luí donnait. A peine étions-nous dans le golfe, que le sif– flement aigu des vents, le tumulte des vagues nous annoncerent la tempete . Elle se déclara bientót apres dans toute sa violence par d'ef-
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