Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
13 précoces déceptious, la vie avait été pour lui sans illusions. M. David hait l'espece humaiue - et considere les hornmes cornme des bétes féro– ces, toujours pretes a s'entr'égorger: plus d'une fois, ayant ressenti leurs attcintes, il est sans ccssc occupé a se mettre en garde contre Jeurs attaques. Le malheureux n'a jamais. airné per– sonne, pas meme une femme. Nul etre n'a ja– mais compati a ses peines, et son creur s'e~t en– durci. La seule jouissance qu'il con<toive est de s'abandonner a tous ses penchants. Les douces émotions de l'ame ont été éto1:1ffées en lui avant meme qu'elles ne se _fussent développées; les sensations corporelles dominent, et l'ame est comme anéantie. Il aime avec passion la bonne cheFe, trouve des délices a fumer un cigare, et réjouissait sa pensée en songeant auxjolies filles de n'importe quelle couleur qu'il allait rencon– trer dans le premier port ou le hasard nous fe– rait mouiller. Ce sont les seules amours qu'il comprenait. M. David est un fort joli homrne, d'une taille élancée, d'une santé robuste, quoique maigre. La régularité et la finesse de ses traits, la paleur de son teint, ses favoris noirs et sa chevelure brillante comrne du jais, le feu de ses yeux et
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx