Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

• 12 M. David a fait lui-meme son éducation, et, sans avoir rien approfondi, il a acquis une ,:,1·ande variété de connaissances. Actif, entre- º prenant, infatigable, il est avide de plaisirs, inaccessible au chagrin, insensible a la <lou– leur, et possede· au plus haut <legré cet es– prit de dénigrement que l'auteur de Candide mit en vogue sur la fin du dernier siecle. 11 voit toujours l'espece humaine sous le mauvais cóté; enteté dans son opinion, il n'est jamais de celle des autres, critique tout, ergote sur tout; sophiste par caractere, il se lance audacieusement dans une discussion qu'il est hors d'état de poursui– ne, tant son esprit léger répugne aux pensé~s profondes, tant il est incapable d'une attention soutenue, et lorsqu'il est empetré au milieu de ses raisonnements, il fait intervenir une plai– santerie bouffonne qui, excitant le rire de son auditoire, fait perdre de vue l'objet principal de la cliscussion. Quelquc superficiellcment qu'il connaisse la chose sur laquelle s'établit 1a con– vcrsation, M. David en parle avcc uu aplomb a déconcerter l'inventeur meme de cette chose. Dans un a.ge tres tendre, laissé sans secours aux priscs avec la misere, c'est a la bonne école <tu'il a connu le creur humain; accueilli par de

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