Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
9 quand il parle, je ne crois pas qu'il soit possible d'entendre un son de voix plus enroué, plus rauque, plus discordant; mais que cette meme voix chante un passage de Rossini, un des mor– ceaux <le Nourrit, une tyrolienne ou une jolie ro– mance sentimentale, oh! alors 7 on se sent enlevé jusqu'aux cieux. Sa voix, pure et fraiche, son a,c– cent d'ame etd'harmonieretentitau fonddevotre creur: vous ressentez des frémissements et éprou– vez une suave émotion. Le capitaine Chabrié a manqué sa vocation, comme tant d'autres, dans notre société a rebours, il était fait pour chanter a l'Opéra; sonadmirable voix de ténor aurait ravi trois mille speetateurs, et, durant six heures de suite, les ellt tenus dans un état de <louce béa– titude, ainsi que le fait notre célebre Nourrit. Pour compléter le portrait, j'ajouterai que le ca– pitaine Chabrié est tres recherché dans sa mise, il en est memc coquet. Extremement frileux de– puis qu'il a sentí les premiercs atteintes d' une douleur rhumatismale a la jambe, il prend de sa santé les soins les plus minutieux, ~e couvrant, pour se garantir du froid ou de l'humidité, de toutes sortes de vetements qu'il entasse les uns sur les autrcs de la maniere la plus grotesque. Le second, 1\1. Briet (Louis ) , né aussi a, Lo -
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