Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
10 rient, du meme age que M. Chabrié, faisait, en 1815, partie des gardcs de l'empcreur : la chute de l'aigle lui ayant enlevé son beau cheval et son brillant uniforme, le f utur maréchal de France en fut inconsolable : déc;u dans ses espérances de gloire, il alla tenter la fortunc dans les colo– nies espagnoles. M. Ilriet avait pris l'état de marin, s'était fait recevoir capitaine, et navi– guait pour son compte ou celui d'un patron. Son caractére tenait plus du militaire que du marin; il avait de l'ordre en toutes choses, ce que les marins n'ont pas; il était tres propre et tres en- · tendu dans tout ce qu'il faisait, et joignait a ces qualités une tres grande sobriété. 11 parlait peu, travaillait beaucoup, et commandait tou– jours avec ce ton froid et sec de l'officier qui s'a– dresse a des bataillons ou a des escadrons, sans paraitre éprouver jamais cette anxiété du marin pour la prompte exécution des manreuvres qu'il ordonne. Son éducation avait été négligée, mais son bon sens naturel y suppléait si bien, qu'il ettt été difficile de s'en apercevoir avant de l'a– voir étudié. M. Briet est un tres bel homme, grand, bien fait, ayant de heaux traits et une physionomie distinguée. ll n'entrait point dans son caractere
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