Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

8 pitié, et parait éprouver de la joie du mal qu'il leur cause, tout cela avec une constance dont plus d'une fois les période$ m'ont paru bien longues. A la premiere vue, M. Chabrié parait tres commun; mais cause-t-on quelques instants avec luí, on reconnait bien vite l'homme µont l'éducation a été soignée. U est d'une taille moyenne et a dú etre bie:n. fait ava:Qtd'avoir pris de l' embonpoint. Sa tete, presque eptierement dégarnie de cheveux, présente, sur le sommet, une surface dont la blancheur contraste d'une m~niere assez bizarre avec le rouge foncé qui colore toute sa figure. Ses petits yeux bleus, abimés par la mer, ont une expression indéfi– nissable de malice, d'effronterie et de tendresse. Son nez est un peu de travers, et ses grosses le– vres, si affreuses quand il est en colere, si gra– cieuses quand il rit de ce rire na'if qu'ont les en– fonts, donnent a cet ensemble une expression tout a la fois de franchise, de bonté et d'audace. Ce qu'il a d'admirable, ce sont ses dents; ell~s forment, selon sa propre expression, une má– choire-m.odele. Comme toµt, dans cet homme, contraste de la fa<;on la plus étrange, sa voix af– f ecte l'ou"ie de deux manieres bien opposées :

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