Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
niers signes d'adieu. Tout a coup l'indignation me rendit mes forces, et, m'élarn;ant a une des fenetres, je m'écriai d'une voix étouffée : Insensés ! je vous plains et ne vous hais pas; vos dédains me font mal, mais ne trou– blent pas ma conscience. Les memes lois et les memes préjugés dont je suis victime remplis– sent également votre vie d'amertume; n'ayant pas le courage de vous soustraire a leur joug, vous vous en rendez les serviles instruments. Ah! si vous traitez de la sorte ceux que l' éléva– tion de leur ame, la générosité de leur creur porteraient a se dévouer a Yotre cause, je vous le prédis, vous resterez encore longtemps dans votre phase de malheur. Cet élan me rendit tout mon ooura'gc , je me sentis plus calme; Dieu, a mon insu, était venu habiter en moi. Ces messieurs du Mexicain ren– trerent dans la chambre; M. Chabrié seul pa– raissait ému; de grosses larmes tombaient de ses yeux. Je l'.attirai vers moi d'un regard sympa– thique, il me dit: Ilfautducourage pour s'éloi– gner de son pays et quitter ses amis; mais j'es– pere, mademoiselle, que nous les reverrons ... » Arrivée a Pouillac, j'avais l'apparence de la résignation. Je passai la nuit a écrire mes der-
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx