Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
3 blécs, vermes pour dire adieu a leurs amis, oú qui se rendaient gaiment dans les campagnes environnantes , augmenta mon émotion. Le moment fatal était arrivé : mon cceur battait si fort, que je doutai un instant de pouvoir me soutenir. Dieu seul peut apprécier la force qu'il me fallut appeler a mon aide, afin de résistcr a l'impétueux désir qui me poussait a dire a M. Bertera : « Au nom du ciel, sauvez-moi! Oh! par pitié, emmenez-moi d'ici! » Dix fois, pendant ce moment d'attente, je fis un mouve– ment pour prendre M. Bertcra par la main, en lui adressant cettc priere; mais la présence de tout ce monde me rappelait comme un spectre horrible la société qui m'avait rejetée de son sein. A cesouvenir, malangue resta glacée, une sueur froide me couvrit le corps, et usant du peu de forces qui me restaient, je demandai a Dieu, avec ferveur, la mort, la mort, comme le seul remede a mes maux. Le signa! du départ fut donné : les personnes qui étaient venues accompagner leurs amis se retirerent. Le bateau fit un mouvement et s'é– loigna : je restai seule dans la chambre ou j' é– tais descendue; tous les passagers se tenaient sur le pont, faisant a leurs connaissances les der-
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