Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

2 pcnsée. A sept heurcs, M. Bertera vint me eher-– cher en fiacre; nous nous rendimes, avec le reste de mes effets, au bateau a vapeur. De quelle foule de réílexions ne fus-je pas agitée pendant le court trajet de chez moi au port? Le bruit croissant des rues annorn;ait le re– tour a la vie active; je tenais la tete hors de la portiere, avide de voir encore cette belle ville ou, dans d'autres temps, j'avais passé des jours si calmes. Le souffie tiede de la brise arrivait sur mon visage; je sentais une surabondance de vie, tandis que la douleur , le déscspoir étaient dans mon ame : je resscmblais au patient qu'on mene a la mort; j' enviais le sort de ces femmes qui venaient de la campagne vendre en ville leur lait, de ces ouvriers qui se rendaient au travail : témoin moi-meme de mon convoi fu– ncbre, je voyais peut-etre pour la derniére fois cetle population laborieuse. Nous passames de– vant le jardín public; je /dis adieu a ses beaux • arbres. A vec quel sentimcnt de regret ne me rappelais-je pas mes promenades sous leur om– brage. Je n'osaisregarder M. Bertera, tantje crai• gnais qu'il ne lut dans mes yeux l'atroce douleur a laquelle j'étais en proie. Parvenu'e au bateau a vapcur, la vue de toutes ces personnes rassem-

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx