Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

xlv pensais-je, il ne saurait me repousser; il est sans en– fants ; je suis celle que Díeu lui enrnie. Aujourd'hui , ce matín meme, je luí confieraí tous mes chagríns, lui raconterai le martyre de ma vie et le supplierai de nous garder chez luí, ma pauvre petíte fille et moi : serait-ce, hélas ! une charge que nous lui imposerions a luí, vieux garfOll , sans famille, regorgeant de tout, habitant seul .,,__ une immense maison (l'hotel Schicler) oú son ombre se perd et oú nos voix amies feraient sans cesse rctentir des accents de 1:econnaissance?.... Mais , le matin , lorsque j'arrivais chez le vieillard, le creur palpitant d'émotion, des les premiers mots qu'il m'adressait, j'étais frappée de l'expression seche et égo'iste du vieúx. garfon , de l'homme riche et avare qui ne pense qu'a lui , se fait le centre de toutes choses, amassant toujours pour un avenir qu'il n'atteindra pas : cétte expression de sécheresse me gla~ait. Je restais muette, recommandais ma fille a Díeu et désirais ardemment etre Join en mer. Je ne fis done. jamais cette tentative, et il est ccrtain , malgré la dévotion de mon parent, qu'elle eut été sans succes : j'cn ai eu la preuve depuis mon retour. Le catholicisme de Rome nous laisse avec tous nos penchants , et donne a celui de l'égo'isme la plus grande intensité : il nous détachc du monde, mais e'est afin de concentrer toutes ~os affections sur l' Église : on y fait profession d'aímer Dicu, et c'est par l'observation des pratiques religieuses, imposées par l'Église, qu'on croit luí prouver son amour; loin de se croíre obligé a secourir ses parents, ses alliés, ses amis, le prochain enfin , on trouve presque toujours des motifs relígieux, pris dans la conduíte de celui qui réclame des secours, pour les luí refuser; c'est par des largesses a l'Église, c'est en lni confiant quelques aumo-

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