Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

xliij :t et me sena la main avec cordialité : nous me compu . . . . . étions déja amis. - Du cournge ! me d1t-1l '. J_e vais pies- ser notr·e départ. Je con~ois , dans votre pos1t1on, tout ce que vous devez souffrir. ... . , Je peux le dire, cette premiere visi~e de~- Chabr~e est un des plus heureux souvenirs qui me s01ent restes dans le camr. Pendant les deux mois et demi que je séjournai a Bor– deaux, je fus péniblemént affectée par les plus inquié– tantes appréhensions. J'avais habité cette vil~e '1, deux reprises différentes avec ma fill~ --='~ 11 t que 1e n eusse pensé á ma fam.i-lk u.u I'érou; et J y ava1s connu beaucoup de monde., cu sorte que, chaque fois que je sortais, je me sentais exposée a rencontrer une de ces anciennes connaissances venant me demander des nouvelles de ma filie, a. moi demoiselle Flora Tristan. J'étais dans une anxiété continuelle; aussi avec quelle impatience atten– dais-je le jour ou nous devions mettre a la voile. 11 me tardait de sortir de la maison de M. de Goyene– che·; cependant on m'y traitait avec la plusgrande distinc– tion, et surtout avec des marques d'affection qui m'eus– sent rendue bien heureuse si j'avaís été dans une posi– tion vraie ; mais j'avais trop de 6erté pour me complaire dans des égards prodigués a un litre qui n'était pas le míen, et mon creur, abreuvé de longues souffrances, ne pouvait etre accessibl~ aux prestiges du monde et de son luxe. Cette société , organisée pour la douleur, oú l'amour est un instrument de torture, n'avait pom· moi aucun attrait; ses plaisirs ne me faisaient aucune illusion, j'eu voyais le vide et la réalité du bonheur qu'on leur avait sacrifié; mon existeuce avait été hrisée, et je n'aspirais plus qu'a une vie tranquille. Le rcpos

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