Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

380 longtemps; un ludien m'a dit en avoir un qui avait trente-quatre ans. Nul autre bomme que l'Indien des Cordillieres n'aurait assez de pa– tience, de douceur pour utiliser les llamas. C'est sans doute de cet extraordinaire compagnon, donné par la Providence a l'indigene du Pérou, qu'il a appris a mourir quand on exige de lui plus qu'il ne veut faire. Cette force morale, qui nous fait échapper a l'oppression par la mort, si rare dans ~otre espece, est tres com– mune parmi les lndiens du Pérou, ainsi que j'aurai souvent l'occasion de le remarquer. Comme on a du le voir, la vie d' Aréquipa est des plus ennuyeuses; elle l'était pour moi surtout, qui suis d'une activité incessante; je ne pouvais me faire ~ cette monotonie. La maison de M. Le Bris était la seule ou je trouvais quelqucs distractions. Tous ces mes– sieurs me témoignaient le plus tendrc intérel, et s'empressaient de m'etre agréables. Chaque fois qu'il arrivait un étranger a Aréquipa, M. Viollier venait m'en prévenir, et, m'en fai– sant le portrait, me demandait si je désirais qu'il me fut présenté; j'acceptais ou refusais, sclon que les personnages·excitaient ma curiosité. Je vis chez 1\1. Le Bris beaucoup de voyagcurs,

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