Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
379 leur utilité. J'en ai vu quelquefois lreute on quarante intercepter le passage dans une des rues les plus fréquentées de la ville; les passants arrivés pres d'eux les regardaient avcc timidité et rebroussaient chemin. Un jour il en entra une vingtaine dans la cour·de notre maison, ils y restercnt six· heures : l'Indien se désespérait : nos esclaves ne pouvaient plus faire leur service : n'importe, on supporta l'incommodité que ces animaux causaient, sans que personne songeat seulement a leur adresser un regard de travers. }:::nfin les enfants memes, eux qui ne respectent rien, n'osent toucher les llamas. Quand les ln– diens veulent les charger, deux d'entre eux s'ap– prochent de l'animal, le caressent et lui cachent la tete, afin qu'il ne voie pas qu'on lui met un fardeau sur le dos; s'il s'en apercevait, il tomberait mort; il faut en agir de meme pour le décharger. Si le fardeau excédait une certaine pesanteur, l'animal se jetterait immédiatement a terre et mourrait. Ces animaux sont d'une grande sobriété : une poignée de ma'is suffit pour les faire vivre trois ou quatre jours. lis sont néanrnoins tres forts, gravissent les montagnes avec beaucoup d'agilité, supportent le froid, la neige et toute espece de fatigues. Ils vivcnt
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