Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
378 a ces animaux une expression de noblesse et de sensibilité qui commande le respect. Il faut bien qu'il en soit ainsi, puisque les llarp~s sont les seuls animaux au service de l'hornme que l'on, n'ose pas frapper. S'il arrive (chose bien rare) qu' un Indien, dans sa colere, veuille exiger par la force ou memela menace ce que le llama ne veut pas faire de bonne volonté, des que !'ani– mal se scnt rudoyer de paroles ou de gestes , il redresse sa tete avec dignité; et, sans chercher a fuir pour échapper aux mauvais traitements (le llama n'est jamais atlaché ou entravé), il se couche, tourne ses regards vers le ciel : de grosses larmes coulent en abondance de ses beaux yeux, des soupirs sortent de sa poitrine, et dans l'espace d'une dcmi-heure ou trois quarts d'heure au plus, il expire. Heurcuses créatures ! qui se dérobent, avec tant de facilité, a la souf– france par la mort. Heureuses créatures ! qui st!mblent n'avoir accepté la vie que sous la condi– tion qu'elle serait douce! Cesanimaux, offrantle seul moyen de communication avec les Indiens des montagnes, sont d'une grande importance commerciale; mais on serait tenté de croire que la révérence presque superslitieuse dont ils sont l'objet ne part pas uniquement du sentiment de
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