Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
366 nent tous debout, parlent entre eux en riant, ou regardent les jolies femmes qui sont a ge– noux devant eux, a moitié cachées dans leur mantille. Les femmes elles-memes sont tres distraites ·, n'ont jámais de livre; tantót elles regardent le costume de leur voisine, ou parlent a leurs négresses placées derriére.elles; on les voit parfois nonchalamment couchées sur leur tapis, dormant ou faisant la conversation. Les moines qui disent la messe sont tou– jours salement mis ; les pauvres Indiens qui la servent sont nu-pieds et a demi vetus. La musique , dans toutes ces églises , est quelque chose d'affreux : deux violons et des espéces de musettes se joignent a l' orgue; tous ces ins– truments sont tellement discordants, les chants qu'ils accompagnent, souvent faux, ont toujours si peu d'ensemble, qu'il est impossible de rester un quart d'heure a les entendre sans en éprou– ver une irritation·de nerfs pour toute la jour– née. En Europe , les beaux-arts couvrent, au moins, d'un brillant vernis l'insipide stérilité des cérémonies. Du reste, au Pérou, ce n'est guére que comme lieux de réunion que les églises sont fréquentées. Le degré de civilisat.ion auquel un peuple
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx