Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
364 cris lamentables; bientót, les arbres déracinés, les roches enlevées au sol sont dans leurs mains; ils expulsent les soldats, s'emp_arent de la croix, en détachent le corps; le sang découle des plaies. de ce Christ de carton, les hurlements de la foule redoublent. Le peuple, les pretres, ]a croix, les branches d'olivier, tout cela, pele-mele, fait un chaos, un tumulte, une confusion épouvantables qu'on n'imaginerait jamais devoir rencontrer dans le temple d'une religion quelconque; et pres– que toujours, dans.ces scenes de désordre, il y a des per.sonnes plus ou moins griévement blessées. Le soir, on voit dans les rues les habitau ts aller faire des stations dans tou tes les églises; en s' y rendant, ils récitent leurs priéres a haute voix. Les plus zélés se jettent - a genoux , embrassent la terre; d'autres se donnent de grands coups de poing dans la po1trme; ceux-ci se mettent des haillons sur la tete; ceux-la vont nu-pieds portant la croix sur le dos; d'autres se chargent de pavés, et, dans chaque maison, ce sontdes extravagances toutes plus insensées qu'une dévotion superstitieuse suggére a ces tetes exaltées. Ce n'est jamais dans leur conscience qu'ils cherchent leur de– voir, mais dans lr merveilleux de leurs croyan- •
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