Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
.. XXXVlJ fames calournies. Excepté un petit nombre d'amis, per-. sonne ne l'en croit sur son dire, et, mise en dehors de tout par la malveillance, elle n'est plus, dans cette so– ciété qui se vante de sa civilisation, qu'une malheur~us_e Pari~, a laquelle on croit faire grace lorsqu'on ne lm fa1t pas d'injure. . ., . . En me séparant de mon man , J ava1s abandonne son 110111 et repris celui de mon pere. Bien accueillie partout, comme 'l!euve ou comme demoiselle , j'étais toujours ~·epoussée lorsque la vérité venait a se dé~_ouv;-:r. Jeune, jolie et P"raissant jou_ir d'une om b,= u !ndependance, ~'ótaient des cauoc" sutllsantes pour envenuner les propos et me fairc ,;:xclure d'une société qui gémit sous le poids des fers qu'elle s'est forgés, et ne pardonne a aucun de ses memhres de chercher a s'en affranchir. La présence de mes enfants m'empechait de me faire passer pour demoiselle, et presque toujours je lile suis présentée comme veuve; mais, demeurant dans la meme ville que mon mari et mes anciennes connaissan– ces, il m'était bien difficile de soutenir un role dont une foule de circonstances pouvaient me faire sortir. Ce role me mettait fréquemment dans de fausses positions, je– tait sur ma personne un voile d'ambiguité et m'attirait sans ccsse les plus graves désagréments. Ma vie était un supplice de tous les instants. Sensible et fiere a l' exces , j'étais continuellement froissée dans mes sentiments, blesséc et irritée dans la clignité de mon etre. Si ce n'eút été l'a1nour que je portais a mes enfants, a ma fille sur– tout, clont le sort a venir, comme femme , excitait trop yivem<'nt ma sollicitn<le pOUl' ne pas rester aupres d'elle, aún de la protéger et la secourir; sans ce clevoir sacré dout mon c<Eur était profondéme11t pénétrP, que Dien me le
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx