Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
XXXV.J union, ils se marierentclandestinement, et ce fut un pretre fran~ais émigré qui fit 1a cérémouie dn mariage dans la maison qu'occupait ma mere. J 'avais quatre ans lorsque je perdis mon pere a Paris. 11 mourut subitement, sans avoir fait régulariser son mariage, et sans avoir songé a y suppléer par des dispositions testamentaires. Ma mere n'avait que pea de ressources pour vivre et nous élever, mon jeune frere et moi ; elle se retira a 1a campagne, 011 je vécus jusqu'a l'dge de quinze ans. Mon frere étant mort, nous revhunes a París, 011 ma mere m'obligead'é– pouser un homme' que je ne pouvais ni aimer ni esti– mer. A cette union je dois tous mes maux; mais, comme depuis ma ,mere n'a cessé de m'en montrer le plus vif chagrín, je lui ai pardonné, et, dans le cours de cette narration, je m'abstiendrai de parler d'elle. J'avais vingt ans lorsque je me séparai de cet homme : il y en avait si:x:, en 1833 , que durait cette séparation , et quatre seulement que j'étais entrée en correspondance avec ma famille du Pérou. J'appris, pendant ces six années d'isolement, tout ce qu'est condamnée a souffrir la femme séparée de son mari au milieu d'une société qui, par la plus absurde des contradiétions, a conservé de vieux préjugés contre les femmes placées dans cette position, apres avoir aboli le divorce et rendu pi·esque impossíble la séparation de corps. L' inco1npatibilité et mille autres motifs graves que la loi n'admet pas rendent hécessaire la separation des époux; mais la perversité, ne supposant pas a la femme des motifs qu'elle puisse avouer, la poursuit de ses in- 'l\I. An,ln'.: Cha-ial jcuur, gra\·eur en Laillc-dourc el írCre ele M . A. Ch~1,al, profes– seur :-iu Janlin tl('S Pl:nitc3.
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