Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
347 LUellement, les affaires de courtage dont ils s·occupent spécialement les appelant sur tous les points du Pérou. Au collége, est attaché un Franc;ais, en qualité de professeur : il se nomme M. Moriniére. C'est done, en tout, huit a dix Frarn;ais résidant dans une ville de trente mille ames. On imaginerait naturellement que ces messieurs, parlant la meme langue, originaires du meme pays, ayant les memes habitudes, devraient, a une si grande distance de leur patrie, rechercher la société les uns des autres, vivre entre eux dans des relations d'amitié. Eh bien! il n 'en est rien. Ces hommes se détestent, se déchirent a l'envi. Pendant les sept mois que j'ai passés a Aréquipa, j 'ai eu le temps de juger jusqu'a quel point peut aller la haine des hom– mes lorsqu'elle est excitée par la rivalité et la jalousie. C'est un spectacle qui provoque le dé– gout que d'entendre et voir agir ces individus. M. Le Bris, occupant la premiére place par sa fortune, était l'éternel objet de l'envie de ses compatriotes. Sa loyauté, sa générosité, étahlies depuis longtemps d'une maniere incontestable, n'offraient pas prise a leurs propos. Nr pou– vant l'attaquer' de ce coté, ils tombaient, sans ménagement , sur son caractére qu'ils dépei-
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