Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

341 Deuxieme lettre. Camana, 3 décembre 183:l. " Cha1·mante et précieuse demoiselle, (( Je vous parle franchement. Comme les Pran~ais passent, parmi les autres nations, pour etre in– constants, et vu que vous ne m'écriviez pas, je vous ai appelée ingrate. Je m'en repens et vous prie de me pardonner cette légereté de ma part, que vous ne méri– tez pas. Des l'instant que l'on confesse ses péchés de bon cceur, on mérite le pardon. Vous avez de l'.i.ndulgence; c'est encore une de vos vertus. Ainsi done faisons la: paix, aimable Florita, et des ici je vous embrasse ten– drement. « lVJais cependant j'ai encore env:ie de me rep1:ntir pour vous avoir traitée d'indulgente, puisque je me souviens que vous préte~1d~z lIJ.'.aimer plus dans un jour qu~ moi je n~ puis vous aimerdans un mois. J'oserai vous._a~s~rer. . que c'est toutau rebours; car je croisqu'il vous es.timpos– sible de me surpasser en amitié. Enfin, c'cst toujours une cbose bien flatteuse pour moi de recevoir un compli– ment si cher et si tendre d'une personne aussi aimable que vous. Je vous en remercie du profond de mon cceur, en vous assurant que tout mon désir est de trouver une occasion de vous prouver toute l'estime et l'amitié sin– cei·e que je vous porte. « Je souhaite que vous vous voyiez le plus tót possible avec M. votre onde, et que toutes les choses aillent

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