Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
338 le général Miller parle lui-meme tres mal le frarn;ais et pas mieux r espagnol. M. Crévoisier est le type du J'ran<;ais d'avant la révolution; sa pol~tesse recherchée, sa gaité, son ton lég~r et badin, s-on bon creur, sa mau– vaise tete, to\ite sa personne enfin, ainsi que ses manieres, retracent parfaitement ce qu'é– taient nos grands-peres; mais, sous cette frivole enveloppe du siecle passé, M. Crévoisier pos– sede les qualités les plus essentielles aux hom– n1es réunis en société; c'est l'etre le plus loyal, le plus laborieux, le plus ponctuel que j'aie jamais rencontré. Il jouit, a juste titre, de l'es– time, de l'affection de tous ceux qui ont eu des rapports avec lui. Il est rn.1rié, depuis vingt– cinq ans, a une parente de rna cousine Carmen, il en a eu deux fils, dont l'ainé était un jeune homrne charmant. M. Crévoisier est airné dans notrc farnille, qui le considére cornme en fai– sant partie, et il est le seul qui échappe a l' en– vieuse médisance de nos airnables Frarn;ais rési.,dant au Pérou. Le cher papa Crévoisier (c'est ainsi que nous l'appelions) m'airnait a la folie. Il resta dix jours aupres de moi sans pou– voir me décider a l'accompagner a Camana ; heureux. de se trouver avec sa charmante com-
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