Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

332 mon grand regret, que, jamais avant, les idées de fuus– seté et de duplicité n'étaient entrées dans rna tete, el que súremcnl mes perles continuelles en commerce en étaient la suite. Depuis que , dans la pienheureusc Lima, j'ai été chaque jour en butte a tout ce que la basscsse, le mensongc et la lacl1eté ont de plus hideux, mes idées ont changé, et des ce iemps je ne puis plus dater de véritables beaux jours,parce que j'ai perdu de ce qui les fait, ces beaux jours, une opinion favorable de nos sem– blablcs. Quand vous m'avez entendu fronder en Aris– tarque nos républicains, nos commeri;ants (classe dont je fais, hélas ! partie) et tant d'autres,je ne le faisais qu'a contrc-creur; car eµfin • en perdant l'idée du bieu , on cst toujours dans le vague• on craint de s'arreter, de parler, d'épancher son creur; Qn croit toujours rencon– trer un faux ami, un marchand fripon, un militairc la.– che, enfin toujom·s le contrairc du bien. Cette connais– sance est triste : quand cm la possede, on n'a plus d'illu– sions, et, sans illusions, la vie n'a plus de soleil. Eh bien! tout ce savoir si nécessaire pour bien gouverner sa barque dans ce monde, c'est a Lima que je l'ai ac– quis; aussi, en récompense, ai-je su apprécicr ses habi– tants, et ai-je pu vous mcttrc en garde contre leurs at– taqucs en grand. " Tout en poursuivant la carriere du connncrce, je l'abhone, et suis si malheureux á Guayemas, loin de tout ce qui peut me plaire, que, sans la force de l'engagement qui me lie a Chabrié et sans la crainte de perdre en un mois le fruit de plusieurs années de travaux, j'aurais déja abandonné une terre bien plus inhospitaliere encore que l'aridc Pérou. J'ai aujourd'hui atteint le comble de wcnx en fait de fortune. Je supplie 1uon ami de ne pas

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