Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
323· se rencontrer quelque chance de réussir dans un pareil dessein. Si Chabrié avait eu assez de sang-froid pour y réfléchir seulement dix mi– nutes, il se serait aisément convaincu que ce n'était de ma part qu'un subterfuge, un pré– texte pour rompre; mais il était si violemment agité, que la raison n'eut aucun acces chez lui. Ma proposition blessait profondémentson amour– propre, aussi allait-il me répétant : - « Vous me mettez des conditions ! a moi, Chabrié ! qui n'en ai jamais subí de personne ; vous vóulez faire de moi un instrument au service de votre amhition ! Lorsque je veux vous épouser sans ríen, apres tant de preuves de mon entier dé-– vouement, vous ne m'aimez que par intéret !. .. » La pensée d'avoir été ma dupe, comme cela ' luí était arrivé de plusieurs autres femmes, le rendit fou; Ja jalou~ie, l'orgueil le domine– rent, et la violence de sa douleur l' emporta_; c'est ainsi que, lorsque nous agissons sous l'in– fluence d'une passion quelconque, nous som– mes exposés a devenir dupes , non seulement des autres, mais encore de nous-memes. 11 partit le lendemain pour Islay. Avant de quitter Aréquipa, il m'envoya la lettre sui– vante:
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