Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 316 lement qu'il ne partirait point que notre mariage ne fut fait. De ma vie je ne m'étais trouvée dans une po– sition aussi cruelle que .celJe o# me mettait l' ob– stination de Chabrié. Je lui ·dis tout ce que je pus imaginer pour lui fa1re entendre raison; il répondait a tout ce pe.rpétuel refrain: - Si vous m'aimez, donnez-m'en la preuve; si vous etes heureuse de l'union que je vous propose, pour– quoi la retarder? Je vais etre eneore forcé de :vous quitter ; mon état m'expose a périr a cha– que instant, peut-etre ne vous reverrai-je ja– mais; pourquoi done ne pas profiter de la vie pendant que nous en jouissons encore?... On peut bien croire qu'en cette circonstance j'usai de foute mon influence sur Chabrié, afin de luí faire sentir qu'il y allait de notre intéret, de notre bonheur, d'attendre, avantde condure ce mariage, qu'il eut terminé ses affaires et moi les miennes. Mais je ne sais quel démon s'était emparé de son esprit; mes paroles, mes prie..– res, mes plus vives instances resterent sans suc– cés. Chabrié avait été cruellement trompé a plusieurs reprises, il en était <levenu défiant ; de plus , la jalousie le pri~ait de la faculté de ra1sonner.
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