Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
315 Le lendemain dimanche, je ne pus dire un mot a M. Chabrié; je fus continuellement en– tourée de monde jusqu'a minuit. Le lundi, il vint me voir; je le laissai m'exposer ses projets : c'étaient les memes qu'a Valparaiso. 11 désirait de plus que je l'épousasse de suite, afin qu'on fut bien convaincu qu'il se mariait avec moi par amour, puisqu'il le faisait avant que je n'eusse aucun espoir du cóté de mon oncle. Je n'avais pas prévu cette nouvelle exigence, elle augmentait l'embarras de ma position : je ne savais que lui dire, etj'étais tourmentéea per– dre la tete. Le soir, voulant éviter de me trouver seule avec lui,je le conduisisdans une maison ou l'on faisait de la musique : il chanta, par complai– sance pour moi; mais sa mam·aise humeur fut telle, que tout le monde s'en aper<:ut. Le mardi, il vint m'accabler de reproches de lui avoir ainsi fait perdre une soirée, lorsque nous avions a peine assez de temps pour nous occuper de nos affaires. Les frais du Mexicain s'élevaient chaque jour a 11 Oou 120 francs, dont Chabrié supportait le tiers. M. David m'écrivait lettre sur lettre, en me priant de l_'en-voyer Chabrié tout de suite, et ce dernier me déclarait formel-
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