Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
314 Et moi je ne pouvais respirer. Une chaine de fer me serrait la poitrine. Je pressais sa tete contre moi, mais ne pouvais trouver une pa– role a luí dire. Nous restames longtemps ainsi fascinés l'un par l'autre, en muette contemplation. Chabrié, le premier, rompit le silence, ce fut pour me dire : - Et vous, Flora, vous ne pleurez pas !... Cette question me fit sentir que Chabrié ne pourrait jamais comprendre l'étendue de mes sel\tÍments. Mon silence, mon expression prou– vaient mon amour bien plus éloquemment que mes !armes... Son ame m'aimait autant qu'elle pouvait m'aimer j mais, hé]as ! elle était loin de la mienne. Je soupirai douloureusement et pen– sai avec amertume qu'il ne m'avait pas été ré– servé de rencontrer sur la terre une affection en sympathie avec celle que je sentais pouvoir don– ner en échange. Nous ne restames pas longtemps a causer : M. Viollier vint chercher Chabrié, qui habita chez M. Le Bris pendant )es six jours qu'il fut a Aréquipa. Tous les deux se retirerent; ils étaient excédés de fatigue, ayant fait le voyage a toute bride. M. Miota et Fernando, qui n'a– vaient pu les suivre, étaient restés a Congata.
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