Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
3·13 le lendemain , j' eus done une nuit et un jour de plus pour raffermir ma résolution et me préparer a le recevoir. Le samedi, vers huit heures du soir, comme j'étais a me promener dans le salon de ma cousine, tout en causant philosophie avec elle, selon notre habitu<le, je vis entrer Chabrié !... Il vinta moi, me prit les mains, qu'il serra et baisa avec ten<lresse, tan– dis que de grosses larmes tombaient <lessus a gouttes précipilées. Heureusement qu'il faisait nuit : ma cousine, placée a l'exlrémité du salon, pouvait voir ses gestes, mais non ses pleurs. Je l'emmenai a mon appartement: la il fut incapa– ble de contenir sa joie, et, chez lui, la joie, cornme la douleur, se manifestait par des larmes. Il était assis pres de moi, me serrait les mains, jetait sa tete sµr mes genoux, touchait mes che– -veux et répétait avec 1,m accent d'amour qui fai– sait vibrer jusqu'a ma derniere fibre : - Oh! ma Flora! ma chere Flora ! je vous revois done enfin! Mon Djeu, que j'avais soif d~ vous voir ! Ma chérie, p~n:lez-moi, je veux en.,. tendre votre voix. Dites-Jnoi que vous m'aimez, 1 que je ne suis pas la dupe d'un songe. Oh! d~les-le-moi, laissez-moi l' entendre ! Ah! j' é– toufTe !. ..
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