Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
311 Je ne m'en croyais capable : nul ne sut un mot de mes affaires , pas meme ma cousine, la per– sonne avec laquelle j'avais le plus d'abandon. Le 28 octobre, M. Viollier, Fran9ais employé dans la maison de M. Le Bris, viut m'annoncer l'arrivée du Mexicain a Islay, m'informant qu'il s'y rendait sur-le-champ, et serait de retour le lendemain ou le jour suivant avec M. Chabrié, qui voulait venir a Aréquipa. Depuis mon dé– part de Valparaiso, j'avais a peine hasardé d'ar– reter ma pensée sur M. Chabrié. Son amour, auquel je ne pouvais répondre, la promesse qu'il m'avait arrachée et que je savais ne pou– voir tenir, pesaient sur mon creur. Je craignais d'en envisager les suites : j'en ressentais une douleur si profonde, que, n'osant m'avouer que Chabrié existait encore, j'a,urais presque désiré qu·une mort funeste me permit de verser sur lui de douccs larmes. Combien de fois, la-nuit, lorsque le sommeil fuyait mes paupiéres, avais-je fait de vains efforts pour assoupir ma mémoire I malgré moi mes souvenirs me reportaient sur le Mexicain; je voyais Chabrié appuyé sur le bord de mon lit, me parlant de ses espérances de bonheur, me peignant la félicité dont nous joui– rions dans cette belle Californie. Ces tableaux;
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