Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

310 etre la rnisere, qui s'accroit tous les jours, fera-t-elle naitre l'amour du travail ét les ver– tus sociales qui en découlent; peut-étre encore la Providence suscitera-t-elle a ce peuple un homme au bras de fer qui le menera a la liberté comme Bolívar avait commencé a le faire. Chaque dimanche, il fallait que, des les dix heures du matin, je fusse en grande toilette dans le salon pour recevoir des visites jusqu'a trois heures , moment ou l'on se mettait a table pour diner, et, ensuite, depuis cinq heures jus– qu'a onze heures du soir. Jamais je n'ai eu de corvée plus fatigante. Les clames y venaient montrer leur parure, les hommes par désreu– vrement, et tous portaient, sur leur physiono– mie, l'expression d'un ennui permanen,t. Comme le pays n'offre aucune ressource pour alimenter les causeries , il en résulte que la conversation est toujours froide, guindée, monotone. On en est _réduit a médire de l'un et de l'autre, a par– ler de sa santé ou de la température. L' ennui rend curieux; il me fut facile de voir que tous mes visiteurs auraient bien voulu connaitre quel pouvait etre le but de mon voyage; mais leur caractere politique et réservé fit que je m'observais , a mon tour, avec plus de soin que

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