Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

301 n•a jamais exposé au grand jom' d'aussi indé– centes bouffonneries, des parades plus scanda– leusement impies. En tete de la procession mar– chaient des bandes de musiciens et de danseurs, tous déguisés. Des negres et des sambos I se louent un réal pour jouer leur role dans cette farce religieuse. L'église les affuble des vete– ments les plus burlesques; elle les habille en pierrots, en arlequins, en benéts ou en d'autres caracteres du meme genre, et leur donne, pour se couvrir la figure, de mauvais masques de toutes couleurs. Les quarante ou cinquante dan– seurs faisaient des gestes et des contorsions d'une cynique impudence, aga<;aient les négresses et les filles de couleur qui formaient la haie, leur adressaient toutes sortes de propos obscenes. Celles-ci, se melant de la partie, cherchaient, de leur coté, a reconnaitrc les masques. C'était un pele-mele grotesque d'ou l'on entendait partir des cris, des rires convulsifs, et duquel je dé– tournais la vue avec dégout. Apres les danseurs paraissait la Vierge vetue avec magnificence; sa robe en velours était garnie de perles; elle avait des diamants sur la tete, au cou et aux • Métis provenant tlu mélange des races indienne et ni-gre.

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