Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

300 contrée de Sarna, les départements de Moquegua et de Torata furent bonleversés. A Locumba, la terre s'entr'ouvrit et engloutit des maisons tout entieres. Dans tous ces lieux, beaucoup de per– sonnes périrent ou furent plus ou moins bles– sées. Aréquipa eut peu a souffrir; les maisons de cette ville sont si solidement baties, que, pour les renverser, il faudrait un tremblernent qui labourat tout le Pérou. Cette secousse se fit éga– lement sentir a Lima et a Valparaiso; mais, tres amortie, elle n'y causa aucun désastre. 11 faut avoir habité les pays ou ces tremblements sont fréquents, pour se faire une juste idée de la terreur qu'ils inspirent, des malheurs qui en résultent, lorsque ces affreuses co1'1vúlsions re– rnuent la terre en tous sens, la font onduler comrne les vagues, ou l'entr'ouvrent en abirnes. Le 24. septembre, pour feter la Notre-Dame, la ville fut parcourue par une grande proces– sion, une de celles dans lesquelles le clergé du pays déploie le plus d'ostentation. Ces proces– sions sont les seuls amusements du peuple. Les fetes de l'église péruvienne donnent une idée de ce que devaient etre les Bacchanales et les Satur– nales du paganisme. La religion catholique , dans les temps de la plus profonde ignorance,

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx