Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
299 Me sentant devenir pourpre par l'indignation que cette conversation réveillait dans mon ame, je m'étais caché la figure avec l'un des bouts de la mantille de dona Carmen; et, tandis qu'elle continuait, je n'étais attentive qu'a me calmer. Cctte premiére conversation me suffit pour deviner tout ce que cette femme avait eu a souf– frir pendant la vie de mon cousin. Les femmes, ici, pcnsai-je, sont donp, par Je mariage, aussi malheureuses qu'en France; elles rencontrent également r opprcssion dans ce lien, et l'intelli– gence dont Dieu les a douées reste inerte et stérile. Le lendemain du tremblement de terre, je re– <;us une foule de visites : tous ces bons Aréqui– péniens étaient tres curieux de connaitre rim– pression qu'il avait produite sur moi : beaucoup d'entre eux semblaient me dire par leur air : Vous n'avez pas de ces jolies choses en France. Ce tremblement de terre détruisit entierement la ville de Tacna , située sur la cóte; toutes les maisons en furent renvcrsées; l'église, qu'on venait de termincr et d'ouvrir_au public depuis quinze jours, s'écroula; dix-huit personnes y périrent, vingt-cinq y furent grievement bles– sées. La. ville d'Arica souffrit presque autant. La
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx