Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

.. 296 Ma cousine ne sut que répondre : elle sentaít instinctivement que j'avais raison. Cependant elle ne pouvait s'expliquer ce qui me donnait la force de tenir un pareil langage. Elle me re-. garda longtemps en silence, souffiant la fu– mée de son cigare en festons et dessins fan– tastiques , que je suivais machinalement de l' ceil. Tout a coup, se levant brusquement, elle dit avec humeur: - Dieu me pardonne, Flo– rita, vous aussi vous me faites peur. Ou done irai-je me réfugier? Je n'ose rentrer chez moi, de crainte que ma maison ne me tomhe sur la tete; et, par la sainte Vierge, je n'ose rester assise aupres de vous a vous entendre pronon– c~r, d'un air calme, des paroles dont frémirait un moine, et qui vous feraient prendre pour folle ... - Vraiment, chere cousine? Ah! n'ayez point peur : venez vous asseoir la, tout aupres de moi , que je puisse me cacher sous votre mantille, et puis dites-moi done pourquoi vous me prenez pour une folle? - Mais, chere florita, vous prétendez qu'il suffit d'avoir une ferme volonté pour etre libre; et c'est vous, chétive femme, esclave des lois, des pr~jugés, sujette a mille infirmités, d'une

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