Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
297 faiblesse physique qui vous rend incapable de lutter contre le moindre obstacle, c'est vous qui osez avancer un semblable paradoxe ! Ah! Flo– rita ! on voit bien que vous n'avez pas été sou– mise au joug humiliant d'un mari dur, tyran– nique, obligée de fléchir devant ses capricieuses volontés, ele supporter ses injustices , ses dé– dains, ses outrages; que vous n'avez pas non plus élé dominée par une famille hautaine, puissante, ni exposée a la noire rnéchanceté des hommes. Demoiselle, sans famille, vous avez . été libre dans toutes vos actions, maitresse ab– solue de vous-meme; n'étant tenue a aucun devoir, vous étiez sans obligation envers le monde, et sa calomnie ne pouvait. vous attein– dre. Florita, il y a bien peu de femmes dans votre heureuse position : presque toutes, ma– riées tres jeunes, ont eu leurs facultés flétries, altérées par l'oppression plus ou moins forte que leurs maitres ont fait peser sur elles. Vous ne savez pas combien ces longues souffrances qu'on est obligé de cacher aux yeux du monde, de dissimuler meme jusque dans son intérieur, affaihlissent et paralysent le moral de I'etre le plus heureusement <loué; du moins, tels sont les effets que ces souffrances produisent sur nous,
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