Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
• 295 s'écria-t-elle avec un accent de fureur con– centrée; et dire que je suis condamnée ay de– meurer ! - Ma cousine, s'il vous est aussi exécrable, pourquoi y restez-vous? - Pourquoi, Florita ! par l'ordre de la plus dure des lois, celle de la nécessité. Tout etre privé de fortune dépend d'autrui, est esclave, et doit vivre ou son maitre l'attachc. Et ma cousine grirn;a des dents avec un mou– vement de révolte qui me prouva qu'elle n'était pas organisée pour l'esclavage. Je la regardai et lui <lis, avec un sentiment <le supériorité dont je ne pus comprimer l'ex– pression : - Cousine, j'ai moins de fortune que vous : j'ai voulu venir a Aréquipa, et m'y voici ! - Et qu'en concluez-vous? me demanda– t-elle avec un mouvement de jalousie. - Que la liberté n'existe réellement que dans la volonté. Ceux qui ont requ de Dieu cette volonté forte qui fait surmonter tout obs– tacle sont libre~; tandis que ceux dont le faible vouloir se lasse ou cede devant les contrariétés sont esclaves, et le seraient lors meme que la bizarre fortune les placerait sur le tróne .
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx