Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

293 her. Le plus brave eut été saisi d'effroi a sentir le sol s'agiter ainsi, a voir les oscillations des maisons. Tous les esclaves étaient dans la cour, a genoux, en prieres, pétrifiés et commc résignés a mourir. Je rentrai me coucher; ma cousine vint aus– sitót. La terreur avait bouleversé ses traits. - Ah ! Florita ! me dit-elle, quel horrible terre– mato! Je suis su.re qu'une partie de la villc est renversée. Il m'arrivera un jour de rester en– sevelie sous les ruines de ma vieille masure. Vous, ma chere amie, qui n'etes pas habituée a de pareilles convulsions, qucl etfet en avez– vous éprouvé? -Cousine,j'ai cru etre encore sur un navire: c'est ainsi qu'on ressent le mouvement des va– gues, et je n'ai eu peur que lorsqne, me trou– vant dans la cour, j'ai vu les maisons se pen– cher vers moi, les pavés remuer, le ciel vaciller comme quand on est en mer. Alors j'ai com– pris toute l'épouvante dont le creur de l'homme est saisi en présence d'un fléau qui lui fait si profondément sentir son impuissance. Ces trem., blements de terre sont- ils fréquents dans ce pays?

RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx