Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

2.92 diction me fit découvrir ce qu'il se donnait tant de peine a me cacher. La correspondance des autres membres de ma fam.ille était tres amicale, et, je crois, un peu plus franche. Pendant que je restai seule dans la maison de mon oncle, je n'eus guere le temps de m'en– nuyer : j' étais tellement occupée a recevoir ou a faire des visites , a écrire ou a voir tout ce qu'il y avait de curieux dans le pays, que mon temps s'écoulait tres rapidement. J'étais arrivée a Aréquipa le 13 septembre; le 18 du meme mois, je ressentis, pour la pre– miere fois de ma vie, un tremblement de terre . Ce fut celui si fameux par ses désastres, qui renversa Tacna et Arica de fond en comble. La premiére secousse eut lieu vers six heures du matin : elle dura deu.x: minutes. Je fus ré– veillée en sursaut , et presque jetée hors de mon lit. Je croyais etre encore a bord, halancée par les vagues, et n'eus point peur; mais aus– sitót ma négresse se leva en criant : ce Senora ! temblor! temblor! ,i Elle ouvrit la porte et sor– tit dans la cour ou je m'élanc;ai apres elle, tout en jetant. mon peignoir sur mes épaules. Les mouvements étaient si violents, que nous étions obligées de nous jeter a terre pour ne pas tom-

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