Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
289 maniere que nous étions toujours l'une chez l'autre. Le matin, elle m'envoyait a déjeuner, et, vers trois heures, j'allais diner chez elle. Toujours dona Carmen avait l'attention d'in– viter quelques amis, afin que j' eusse de la com– pagnie pour me distraire; mais je préférais res– ter seule avec elle, trouvant sans cesse, dans sa conversation, a m'instruire sur les p~rsonnes et sur les choses du pays. Des le lendemain de mon arrivée a Aréquipa, j'avais écrit a mon oncle que j'étais chez lui, que ma santé ne me permettait pas de l'aller trouver a Ca-mana, et que j'attendais son retour avec la plus vive impatience. Quinze jours se passerent sans réponse de don Pio. J' étais inquiete, et ma cousine au moins autant. Elle craignait mon oncle et ap– préhendait que son ~ilence n'indiquat sa dé– sapprobation de la conduite qu'elle avait tenue envers moi. La maniere d'agir de mon oncle a mon égard renouvelait l'agitation que mon ar– riv.ée avait produite parmi ses ennemis et ses amis : les uns disaient qu'il avait peur de moi; les autres pensaient qu'il machinait quelque tour de sa fac;on, quelque piége pour me pren– dre; les alarmistes allaient meme jusqu'a dire I, 19
Made with FlippingBook
RkJQdWJsaXNoZXIy MjgwMjMx