Pérégrinations d'une paria, 1833-1834

288 hors de l'opulence. Chaque année, elle allait passer six mois chez sa tante, dans une sucrerie située a Camana, pres de celle de rnon onde Pío. Elle n'aimait point le séjour de la campa– gne, auquel la nécessité la contraignait d'aller; et, a l'époque de mon arrivée, une cause inat– tendue l'avait, pour la premiere fois, fait rester a la ville. Nous virríes, elle et moi, dans celte circonstance , le doigt de la Providence ; car, si par une occurrence fortuite, ma cousine n'é– tait demeurée a Aréquipa, je ne trouvais per– sonne pour me recevoir dans la maison de mon onde. Si d'abord la sécheresse et la laideur de ma pauvre parente produisirent sur moi un effet désagréable, bientót je découvris au fond de cette ame un genre de noblesse et de supériorité pour lequel j'eus de la sympathie. Des mon ar– rivée, ma cousine me témoigna beaucoup d'af– fection, eut pour moi toutes les complaisances imaginables, et s'offrit d'etre ma maítresse de langue. C'est a elle que je dus d'apprendre l'espagnol en peu de temps. Elle avait, pour m'enseigner et me reprendre lorsque je me trompais, une patience admirable. Sa maison était située vis a vis de celle de mon oncle , de

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