Pérégrinations d'une paria, 1833-1834
187 en tout. Quel spectade pour elle! Comme elle en nourrissait son aversion et son mépris pour l'espece humaine ! Ce jenne homme, qu'eÜe avait aimé, elle le voyait mourir a la ileur de l'age, dans un état de décrépitude , tant il était vieilli par suite de la débauche, et le voyait mourir avec lacheté. Dans cette circonstance, dona Carmen, montrant une force de caractere qui ne se démentit pas une seule fois, souf– frit, avec une patience admirable, les caprices, les rebuffades et les acces de désespoir du mo– ribond. Cette longue maladie épuisa les der– nieres ressources de ma malheureuse cousine. Apres la mort de son mari, elle fut réduite a aller vivre de nouveau chez sa tante avec sa fille, le seul enfant qu'elle eut. Depuis lors, sa vie n'avait plus été qu'un supplice de tous les rnornents. Sans fortune, voulant toujours paraitre dans le monde, tenir un rang, obligée sans cesse d'avoir recours a une tante dure et avare, la pauvre Carmen avait a peine de quoi suffire a ses besoins, quoiqu'elle affectat des apparences de luxe. Quand j'arrivai a Aréquipa, il y avait douze ans qu'elle était veuve, et douze ans qu'elle végétait, cachant sa misere réelle sous les de-
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